Billet d’humeur

Il suffit parfois de pas grand-chose pour passer de l’absurdité au naturel-qui-va-de-soit, comme l’indiquent Nicolas BOUZOU/Julia de FUNES dans La condition (in)humaine.Juste un petit trait d’union qui disparaît et c’est une autre forme d’union qui naît.

Pour ma première tribune, j’ai choisi le thème du bien être en entreprise, à ne surtout pas confondre avec le bien-être en entreprise, seul un trait d’union les sépare mais les différences sont immenses !

Le bien-être en entreprise, vous le connaissez bien ou tout au moins vous en avez entendu parler.

Il est impossible de passer au travers. Il envahit les réseaux sociaux. D’ailleurs, on voit naître des CHO de toute part, pardon des « Chief HapinessOfficer » ou en français des « Responsables du Bonheur ». Soit dit en passant, j’avoue que j’ai du mal quand même à m’y faire avec tous ces anglicismes CEO, CTO, CFO, CHO, C3PO…. C’est peut-être parce que je ne dirige pas une société internationale…Ha tiens, Stéphane RICHARD est Président Directeur Général d’Orange sur Linkedin…je dis ça je dis rien ! Bref, passons, je reconnais toutefois que CHO est moins risqué à dire et surtout à assumerque « Responsable du Bonheur ».

Toutefois, je n’ai pas pris ma plume pour refaire le match du bien-fondé ou pas du bien-être en entreprise.Certains,dont ceux que j’ai cités plus haut ; s’y sont penchés avec beaucoup plus de pertinence que je ne pourrais le faire. Si j’ai choisi ce thème, c’est parce qu’en revanche je crois au bien être dans l’entreprise. Alors me direz-vous c’est quoi le bien être en entreprise ?

Il est extrêmement difficile d’en donner une définition précise, car le bien être en entreprise (aussi appelé être bien en entreprise) possède autant de versions que de salariés et d’entreprises ! Et oui, nous sommes normalement tous différents, ADNnement parlant en tout cas, si on met de côté les monozygotes. Donc nous avons tous notre perception du bien être en entreprise, ou plus exactement, être dans la bonne entreprise. Nous avons tous une ou des raisons différentes d’être bien dans l’entreprise qui nous emploie. Et là sincèrement je plains le « CHO » dans les multinationales J

Prenez l’exemple du baby-foot, a priori le symbole parfait du bonheur en entreprise. Il faut mettre un baby-foot au bureau parce que ça participe au « bonheur et bien-être » au travail. Oui? Bof… Moi j’ai fait l’investissement dans mon établissement.Certains s’en fichent royalement, alors que d’autres ne reprennent pas le travail sans avoir mis une raclée à leurs collègues. En somme, j’aurais comblé certains salariés de bonheur et généréde la frustration chez d’autres ?

Non, rien de tout cela en fait. Ce que je crois surtout, c’est que le bien être en entreprise est intimement lié au salarié qui trouve un écho, positif ou pas, à ses attentes et aspirations du moment. Vous aurez beau faire des séminaires, des team building au soleil avec des activités plus ou moins grotesques, vous aurez beau investir dans des baby-foot, des jeux de fléchettes, c’estavant tout votre salarié qui décide s’il est bien ou pas dans votre entreprise et c’est évidemment très personnel.

Un soir un confrère me posait la question de mes prérequis, lorsque je recrute. J’ai hésité. Il attendait une réponse orientée compétences alors que mon seul prérequisest l’adhésion à l’identité de l’entreprise et tout le défi pour les RH consiste à recruter des personnels qui se sentiront bien dans l’entreprise pour ce qu’elle est ou ce qu’elle vise.Les compétences suivront.

 

Tout cela demande évidemment d’abord et avant tout une excellente connaissance de soi (en tant que dirigeant), préalable indispensable pour pouvoir définir son identité et sa culture d’entreprise. Il s’agit ensuite de l’exprimer au mieux et sincèrement afin d’embarquer naturellement ses équipes.

Inutile de mentir, travestir l’identité de notre entreprise.Elle finit par être ce que nous sommes ! Et les salariés, je parle de ceux qui s’y sentent bien parce qu’ils adhèrent à l’identité, créent tout seuls ce trait d’union entre eux, Le baby-foot n’y est pas pour grand-chose !

 

Stéphane VINAZZA
Président Directeur Général Symexo
Technicien informatique niveau 0 – Commercial quoi !

Prochaine tribune : une entreprise sans commerciaux, un doux rêve dangereux ?

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